20 oct. 2014

[Review] Alien: Isolation, le test PS4

ALIEN: ISOLATION | SEGA
Disponible dès le 08.10.2014 sur PS4, PS3, XB1, 360 et PC -- Test effectué à partir d'une version éditeur.

Découvrez le véritable sens de la peur dans Alien: Isolation. Quinze ans ont passé depuis les événements du film Alien. La fille d'Ellen Ripley, Amanda, mène un combat désespéré pour la survie, au cours d'une mission visant à découvrir les véritables raisons de la disparition de sa mère. Guidez Amanda dans un environnement hostile, dans lequel elle est livrée à elle-même, encerclée de toutes parts par une population paniquée et un Alien impitoyable et imprévisible. Mal préparée et mal équipée, Amanda devra trouver des ressources, improviser des solutions et se montrer plus rusée que son ennemi pour réussir à survivre...

Le moins que l'on puisse dire c'est que la saga Alien ne s'est pas taillée une réputation identique dans le monde du jeu vidéo que dans celui du septième art. Après plusieurs tentatives franchement manquées (Aliens Vs Predator et Aliens Colonial Marine en tête), Sega sort une dernière carte pour tenter de nous convaincre et peut-être redorer le blason de la franchise sur consoles et PC. Pour l'occasion, le FPS est toujours de mise, mais la direction artistique effectue quant à elle un demi tour à 180°, pour abandonner l'action pure et dure, et lui préférer une approche plus "survival horror". Un choix judicieux et alléchant, mais qui impose une maitrise de l'ambiance et du scénario sur le long terme. Alors Sega a-t-il réussi son pari?

Coté ambiance et mise en condition (en jouant à fond la carte du "fan service" dès la séquence d'intro), Alien: Isolation ne manque pas d'atouts, avec une longue phase d'introduction scénaristique, avant de plonger dans le vif du sujet et de rencontrer enfin le xenomorphe tant attendu. Une première rencontre qui va très vite se multiplier, rassurez vous. Des rencontres qui seront dès lors bien moins souhaitées vous pouvez me croire, sous peine d'un "Game Over" imminent. Alien: Isolation c'est avant tout de l'infiltration et de la discrétion, afin d'éviter la créature bien sûr, mais également les autres occupants de la station dans laquelle vous vous retrouvez pris au piège. Car votre seul ennemi ne sera pas l'Alien, vous devrez également faire face à un groupe de mercenaires, ainsi qu'à des résidents hostiles. Fuir est une méthode efficace et conseillée, à condition de pouvoir le faire bien entendu, mais se cacher reste bien souvent la meilleure des solutions. Conduits d'aération, placards, etc... seront votre meilleure stratégie de replis. L'IA n'est pas infaillible et vous pourrez donc, occasionnellement échapper à la créature en vous cachant grossièrement derrière certains éléments de décors. Mais cette technique reste fort risquées car aléatoire. Mieux vaut donc être précautionneux et ne pas attirer l'attention sur vous, et toujours prévoir une solution de replis, au cas où.



L'action n'étant franchement pas ici précautionnée (à l'exception de certaines phases bien spécifiques), il va donc falloir vous équiper en conséquence si vous souhaitez survivre dans ce lieu plutôt inconfortable. Mais n'espérez pas trouver un arsenal militaire pour vous en sortir. C'est avec des fusées éclairantes, un outil de maintenance, une lampe torche sur baterie, un détecteur de mouvement, etc... que vous allez devoir vous débrouiller pour vous faufiler le plus discrètement possible au cœur de la station spatiale. Vous aurez cela dit dans les mains, ponctuellement, la possibilité de vous équiper d'une arme, faussement rassurante, ou d'un lance flamme, plus efficace. Mais ces ressource sont bien sûr limitées et n'espérez pas tuer la bête pour avoir le champ libre ensuite. Vous ne pourrez que la faire fuire, avant de mieux la voir revenir bien entendu.

Le jeu tente d'exploiter nos peurs pour créer une ambiance. L'obscurité, les bruits environnants, la peur de mourir, la traque de la bête (nous retrouvant dans la position de la proie et non du chasseur), le manque d'armement et d'équipement, etc... Autant de moyens employés ici pour créer une atmosphère. Alors si cela fonctionne par moments, la partition musicale participant remarquablement à l'enjeu d'ailleurs, à d'autres moments cela devient par contre répétitif et même ennuyeux. Le jeu peut être découpé en 3 segments distincts, avec un premier tiers très infiltration/survie, posant les bases du gameplay, un second tiers plus axè action, et un troisième tiers revenant à l'idée d'un survival horror. Un découpage équilibré, même si certaines missions trainent franchement en longueur. Le système de sauvegarde amplifie artificiellement le coté "survival", nous empêchant de sauvegarder quand bon nous semble. Il faut en effet trouver un lecteur de sauvegarde pour pouvoir enregistrer notre progression, mais il faut également attendre de longues minutes que le système soit à nouveau prêt pour pouvoir l'utiliser. Impossible donc de sauvegarder coup sur coup, et pas de sauvegardes automatiques de la progression non plus. Si vous mourez sans avoir sauvegardé, vous devrez recommencer depuis votre dernière sauvegarde. Un principe un peu old school, qui réclame donc une bonne gestion.



Le jeu propose également une collecte d'objets. Grâce à ces derniers vous pourrez, après avoir acquis la compétence correspondante, fabriquer divers éléments potentiellement utiles, comme des kits de soin par exemple. Vous devrez également toujours bien veiller à votre niveau de batterie pour votre lampe torche, sans quoi vous vous retrouverez dans l’obscurité totale. Votre détecteur de mouvement n'est quant à lui pas silencieux, il vous faudra donc l'utiliser de manière judicieuse afin de ne pas alerter votre environnement de votre présence. Voici quelques conseils qui vous faudra suivre pour rester en vie le plus longtemps possible. Sachez aussi que vous devrez, autant que possible, éviter de votre attaquer aux autres humains présents sur la station. Un trophée or est d'ailleurs dédié à ce fait. Coté durée de vie, Alien: Isolation propose 19 chapitres à boucler, et chacun d'eux propose environs une bonne heure de jeu. Avec le mode survie, et les DLC bonus dès à présent disponible, on peut donc aisément lui concéder une durée de vie oscillant entre 25 et 30 heures. Ce qui est considérable pour un titre du genre.

Je vous en glissais un mot plus haut, Alien: Isolation propose dès à présent divers DLC bonus, tous liés au film original Alien de Ridley Scott. Une chose est incontestable dans Alien: Isolation, c'est son coté fan service. Ambiance, clins d’œil nombreux, thèmes musicaux, visuels et esthétique des lieux, les fans de la saga vont apprécier, c'est certain. Et les deux DLC dès à présent disponibles vont encore renforcer ce coté fan service. Le premier, nommé "L'équipage peut être sacrifié" et inclus dans l'édition Nostromo, vous propose d'incarner les personnages originaux du film Alien, dont les acteurs ont d'ailleurs participé à la conception du DLC en doublant leurs homologues virtuels, Sigourney Weaver y compris (mais qui n'a malheureusement pas sa voix françaises en VF...). Votre mission sera de survivre, en revivant certaines scènes cultes du film. L'autre DLC disponible est lié directement à Ellen Ripley, il se nomme "Dernier Survivant" et vous propose de revivre la dernière scène du film Alien, lorsque Ripley doit activer le système d'autodestruction du Nostromo et s'enfuir dans la navette, tout en étant pourchassée par la créature. Ce DLC était offert en guise de précommande. Également inclus dans le season pass du jeu, dès à présent disponible sur consoles Playstation et Xbox, ainsi que sur PC.

VERDICT
Très attendu par les fans, Alien: Isolation tient au final la plupart de ses promesses et redonne même à la franchise une aura qu'elle n'avait peut-être encore jamais connue en jeux vidéo. Jouant à fond la carte du fan service en plongeant le joueur dans une ambiance affutée et fidèle au chef d’œuvre cinématographique de Ridley Scott, Alien: Isolation trouve le bon équilibre entre infiltration et action, préférant, judicieusement, favoriser la première des deux approches. Mais sur la durée le concept s’essouffle néanmoins et on finit par trouver ça un peu long... Heureusement, des DLC basés sur le film original viennent relancer l’intérêt et combler les attentes du fan que je suis, malmené depuis longtemps par des adaptations vidéo-ludiques foireuses et irrespectueuses. Coté technique, cette version PS4 se montre visuellement solide et irréprochable même coté ambiance sonore. Par contre, on regrettera de voir de très vilaines saccades (incompréhensibles d'ailleurs...) lors des séquences cinématiques. Une mise à jour prochaines devrait, espérons-le, corriger cela (ou pas).
14/20
 

0 commentaires:

Publier un commentaire