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22 mai 2020

[Review] Final Fantasy VII Remake, le test PS4 Pro

Le monde est sous le contrôle de la Shinra, une compagnie hégémonique qui produit de l'énergie en exploitant la "mako", l'énergie vitale de la planète. Cependant, à Midgar, la mégalopole où siège la compagnie, des résistants d'un groupe appelé Avalanche se battent pour arrêter la Shinra. Pour les aider dans leur mission, ils ont engagé les services de Cloud Strife, un mercenaire ancien membre des SOLDATs, les troupes d'élite de la Shinra, qui ne se doute pas encore des terribles conséquences de ce combat...

Dans l'histoire du jeu vidéo, certains noms sont devenus des légendes. Parmi elles, la licence Final Fantasy. Et si ce nom est arrivé jusqu'au panthéon du 10e art, c'est assurément grâce à un titre en particulier, symbole de l’avènement du J-RPG en occident, Final Fantasy VII, titre sorti originellement sur la première console Playstation (PS One) en 1997. Depuis lors, et malgré de nombreuses suites et déclinaisons, jamais un autre titre de cette saga n'a su détrôner FF7 dans le coeur des joueurs. Il était donc légitime de la part de toute une communauté de réclamer et d'attendre un remake moderne du titre culte signé par Yoshinori Kitase il y a 23 ans (déjà...). Après des années de doutes et de vagues rumeurs, le moment est enfin arrivé. Une longue attente, couronnée par un pur chef-d’œuvre moderne, respectueux néanmoins de son modèle.

Il me faut cependant nuancer mes propos, puisque Final Fantasy VII Remake n'est en fait que la première partie d'un remake global du jeu initial. En effet, le jeu ici testé ne comprend "que" la partie de l'histoire se déroulant à Midgar. Pas de voyage sur la carte, de traversée de plaines à dos de Chocobo doré ou tout autres activités en dehors de la vaste cité. Ceci étant, ce Remake s'attarde par ailleurs de manière bien plus large sur des éléments à peine notifiés dans le jeu original, afin d'offrir aux joueur à la fois une redécouverte du myth, mais aussi tellement de nouvelles choses. D'ailleurs, le jeu est ici tellement vaste, que deux disques sont nécessaires pour son installation.

La première chose qui saute aux yeux, c'est évidement l'esthétique. Superbes, d'autant plus sur la console PS4 Pro, les graphismes bénéficient d'un soin remarquable, tant sur le plan des décors que celui des personnages et de leurs animations. En rupture nette avec les angles de caméra fixes de la version de 1997, Final Fantasy VII Remake pousse le joueur à lever la tête, à observer tout autour de lui la triste réalité d'une mégalopole industrielle et son lot de dérives. Une cité envoutante, écrasante et menaçante. La technique est surtout là pour servir une forme de narration contemplative qui offrira de nouvelles clés de lecture à ceux qui s'arrêteront en chemin pour mieux observer leur environnement, et ravira simplement les pupilles des autres joueurs. Un terrain de jeu aussi vaste qu’impressionnant, où vos déplacements seront tantot guidés par des couloirs, tantot ouverts sur des espaces vous conviant à une certaine liberté d’exploration sans contrainte.


Square Enix l'avait annoncé, avec ce Remake, les joueurs vont pouvoir explorer les bas-fonds de Midgar sous un regard neuf, et ainsi prendre la mesure du quotidien de ses habitants désœuvrés. L'aventure tient sur ce point toutes ses promesses, puisque Cloud sera dès son échappée du réacteur n°1 confronté à la pauvreté qui touche cette partie de la population, mais aussi aux conséquences directes de ses actes. Si rien n'est plus vraiment binaire, l'attentat à tout de même eu des répercussions aussi négatives qu'immédiates sur les habitants des faubourgs attenants, et c'est parmi les victimes plaintives qu'il faudra se frayer un chemin pour retrouver la quiétude du Septième Ciel.

Les environs du QG d'Avalanche offriront justement une plongée dans ce quotidien morose, où les rues sont parsemées de détritus, et où les animaux errent sans but. Les enfants vagabonds du Secteur 6, la luxure isolée d'un Wall Market aux inspirations japonisantes assumées etc... Autant de quartiers de cette monstrueuse cité qui possèdent une identité marquée et qui donnent l'impression que l'enrichissement de ce drôle d'univers a fait l'objet de toutes les attentions. Une merveille. Square Enix a su judicieusement profiter du fossé technologique qui sépare Final Fantasy VII de ce Remake, en offrant un panorama à la démesure de cette mégalopole aussi bicéphale qu'inégalitaire. Il suffit en effet de lever la tête pour se rendre compte de l'écrasante présence des quartiers supérieurs, et à quel point leur seule présence obscurcit durablement les plus pauvres de ces citoyens.

Outre le soin apporté à la narration (malgré quelques longueurs et redites inutiles), tous les personnages bénéficient globalement d'un vrai travail d'écriture, avec la présence d'un background riche et cohérent. Un travail minutieux afin de réussir à surprendre et réellement créer des enjeux auprès des joueurs les plus inconditionnels, ceux connaissant le Final Fantasy VII original sur le bout des doigts. Remaniements, ajouts, extrapolations.. autant d'artifices utilisés pour venir étoffer et combler les trous, parfois béants, de l'intrigue d'origine, qui ne gênaient pourtant pas grand monde en 1997. La chronologie a ainsi été intelligemment repensée, teasant même furtivement de tragiques événements futurs.


Plus actuelle que jamais, l'idéologie écologique derrière les actions menées par Avalanche prend en 2020 tout son sens, avec l'exploitation de ressources limitées pour le privilège de quelques manias, ou encore l'impuissance du politique face aux industriels et à la mondialisation.

Coté gamplay, il est évident que Final Fantasy VII Remake n'a plus rien à voir avec son illustre ainé (et heureusement serais-je tenté d'ajouter). Fini les combats au tour par tour et place à des combats plus dynamiques et "libres" cette fois. Un modèle clairement influencé par les grands jeux d'action/aventure de ces dernières années (FFVX, entre autres, étant passé par là). Vous y retrouverez également la présence de défis, mini-jeux et quêtes en tous genres bien sûr. Cependant, la sensation de constamment avancer sur un chemin balisé ne nous quitte pas. Nécessaire j'image pour s'assurer de ne perdre aucun joueur en chemin, mais qui bride malgré tout quelque peu l'instinct d'exploration s'éveillant inévitablement en nous, parcourant les quartiers de Midgar.

Les combats de boss seront ici des moments à part, et une fois encore des rencontres épiques. S'il reste possible de bourriner les mobs de base, les combats de boss prennent quant à eux la forme de semi-marathons en plusieurs phases, où l'observation sera plus que jamais la clé de la réussite. Heureusement, Square Enix a eu la bonne idée de proposer une option nous permettant de revenir juste avant l'affrontement, quel qu'il soit, afin de changer de stratégie. Car bien souvent, sans les bonnes matérias préalablement équipées, certains boss vous malmèneront sans ménagement.


Si vos camarades de baston "s'auto-gèrent" durant les combats, l'IA n'étant pas des plus étincelantes, vous aurez rapidement compris que la gestion manuelle de votre équipe vous sera bien plus favorable que de laisser faire le choses... En effet, la jauge d'ATB semble grimper à la vitesse d'un monte-escalier Stana lorsque vous laissez Tifa et les autres en roue libre, alors que leur prise en main donne l'impression de grimper les marches quatre à quatre. Chaque combattant possédant effectivement bien des caractéristiques propres. Les perfectionnistes pourront d'ailleurs s'en donner à cœur joie lors des défis de l'arène Cornéo afin d'approfondir le gameplay, mais aussi en profiter pour débloquer de nouvelles techniques de Transcendance (ex Limites). Sachez aussi qu'un mode "Classique" est ici présent, automatisant l'attaque et vous laissant alors pour seule tâche de gérer les déclenchements de sorts et autres compétences.

La montée en puissance s'effectue également par le biais de votre armement, qui permet de booster certaines statistiques bien plus vite qu'avec les traditionnels points d'expérience. Chaque arme peut elle aussi évoluer et ainsi débloquer de nouvelles améliorations, libérant alors de nouvelles techniques qu'il vous faudra apprendre à maitriser. Le menu gestion des points expérience sera un des éléments cruciaux de votre évolution, car la dépnse de ces derniers ne sera pas à prendre à la légère. C'est via cette évolution que vous pourrez, entre autres, débloquer de nouveaux slots de matérias (présents sur vos armes et autres pièces d'équipements). La gestion des matérias sera également essentielle, car de bonnes combinaisons seront primordiales, pour par exemple doubler certains sorts. Les atérias évoluent elles aussi au grès de votre progression. Plus vous les utiliserez, plus elles évolueront. On espère d'ailleurs que cette progression pourra être conservée pour la(les) suite(s) à venir.


Car après une telle expérience vidéoludique, surtout pour les joueurs les plus anciens bien sûr, ceux ayant connu la "belle époque" et les premières sorties sur PS One, il va sans dire que l'envie de poursuivre est évidement immense. Nous laisser là, quittant Midgar, est un moment des plus frustrants vous vous en doutez. Si à l'heure actuelle Square Enix n'a pas encore communiqué sur d'éventuels délais, espérons que ces derniers ne nous laisseront pas ainsi trop longtemps.

Notre verdict:
L'attente fut interminable mais assurément elle en valait la peine. Si de tous les Final Fantasy il ne devait en rester qu'un, Final Fantasy VII est et restera sans doute encore longtemps le plus inoubliable de tous. Ce remake lui rendant le plus beau des hommages, 23 ans après sa sortie. Tout n'est certes pas ici parfait, car le manque de liberté est parfois frustrant, ou encore le concept du jeu fractionné, et donc l'attente d'une suite... mais objectivement, après y avoir tant rêvé, le résultat est assurément à la hauteur de nos attentes. Je tiens particulièrement à souligner l'excellent travail de mise en scène, habillant chacune des séquences les plus marquantes, teintées de cette constante nostalgie et accompagnées, à tous les instants,  par une BO à nouveau mémorable. Et soulignons aussi l'excellent travail de doublage, proposant une VF sans fausse note, faisant de ce FF7 Remake le second Final Fantasy arborant un doublage FR (avec Final Fantasy XV). Espérons maintenant que la suite ne tardera pas à arriver... car l'attente risque bien d'être insoutenable!
9.5/10

5 févr. 2020

[Review] Dragon Ball Z Kakarot, le test Xbox One/PS4

Revivez l'histoire de Goku et des autres guerriers Z dans DRAGON BALL Z: KAKAROT ! Menez des combats épiques et découvrez la vie dans le monde de DRAGON BALL Z : combattez, pêchez, mangez et entraînez-vous avec Goku, Gohan, Vegeta... Au cours de votre progression dans l'histoire, explorez de nouvelles zones, vivez de nouvelles aventures et tissez des liens étroits avec d'autres héros de l'univers de DRAGON BALL Z...

Depuis trois décennies maintenant (et plus encore si on prend en compte les tout premiers jeux sortis au Japon dans les années 80), les adaptations vidéo-ludiques de l'œuvre majeure d'Akira Toriyama succèdent les unes aux autres chez nous. Sur Super Nintendo pour les premières, jusqu’aux consoles de dernière génération pour les plus récentes. Le plus souvent se furent des jeux de baston purs et durs. Mais l’ère Xenoverse est venue quelque peu changer la donne.

Et c’est dans cet esprit que Dragon Ball Z Kakarot voit à présent le jour sur PS4, Xbox One et PC, offrant aux fans de Goku et ses amis une occasion supplémentaire de se replonger dans les arcs principaux de la cultissime saga, sous un regard plus RPG cette fois. Alors DB Kakarot est-il la révolution tant attendue ? C’est la question à laquelle je vais tenter de répondre dans ce test, effectué sur une console Xbox One X.

Débutons tout d’abord par poser le décor. Je suis un fan assidu de la saga, découverte à l’époque du Club Do, comme beaucoup d’entre vous j’imagine. Je me suis ensuite plongé dans les mangas, mis à collectionner divers objets et figures, ainsi que prolongé l’expérience avec Dragon Ball Super (dont le Tome 10 arrive d’ailleurs très prochainement chez nous). On peut donc dire de moi que je suis un « connaisseur » de l’univers signé Toriyama. J’attendais donc beaucoup de Kakarot, et surtout qu’il se distingue drastiquement des autres jeux existants, ayant pour crainte qu’il ne soit qu’un « recyclage » du gameplay de Xenoverse sous un nouvel emballage purement cosmétique.


S’il y a bien une chose que l’on ne pourra pas reprocher à Dragon Ball Z Kakarot, c’est sa liberté scénaristique. Le jeu se présente même comme étant, sans le moindre doute, le plus fidèle de tous à ce niveau-là. Les différentes scènes cultes que vous croiserez dans Dragon Ball Z Kakarot sont reproduites avec fidélité et l’immersion est dès lors totale. Sans parler du rendu visuel, souvent splendide sur un écran 4K. C’est d’ailleurs bien plus joli que l’animé original. Les designers ont fait un travail remarquable pour donner vie à ces séquences. On peut également ajouter que ce sont ici la plupart des doubleurs originaux qui ont prêté leurs voix en japonais. On aurait bien aimé profité aussi d’un doublage français de cette qualité pour l’occasion, mais vous n’aurez ici malheureusement le choix qu’entre anglais et japonais.

Quand je vous disais que Dragon Ball Z Kakarot retranscrivait l'intrigue originale à la lettre, ce n’est pas tout à fait exact. Le jeu de CyberConnect2 va tout de même plus loin que ça en étoffant la mythologie officielle de la série. Des trous sont comblés et des éclairages inédits sont ici fournis au sujet de certaines scènes ou personnages connus. Via des scènes trouvées dans la campagne principale ou des quêtes annexes, le joueur peut par exemple comprendre pourquoi Chaozu a décidé de se faire exploser pendant le combat contre Nappa. Il peut aussi découvrir de qui C-16 tient ses traits, ou encore apprendre la raison de la présence d'humains à l'apparence d'animaux dans le "Dragon World". Des petits plus que les fans apprécieront tout particulièrement.


Néanmoins, aussi sympathique que soit ces petits « extras », nous permettant de revoir au passage certains plus rares tels que Oolong ou Tao Paï Paï, ces missions annexes ont la fâcheuse tendance d'être d’ennuyeuses quêtes Fedex, n’nécessitant bien souvent d'aller chercher des objets ci et là et de les ramener à votre point de départ. Vu les temps de chargement impliquant le passage d’une zone à une autre, on ne peut s’empêcher de trouver cela finalement dommage et même dommageable.

Il est à présent temps d’aborder le gameplay de Dragon Ball Z Kakarot. Ce dernier est découpé en deux parties. La partie exploration et la partie combat. Cette dernière ne devrait pas trop déstabiliser les joueurs familiers à Xenoverse 1 & 2, puisque ce sont globalement les mêmes mécaniques que l’on retrouve ici. Charge de Ki, poursuite, évitement/téléportation, enchainements au corps à corps ou encore attaques spéciales dans une vaste arène en 3D, les habitués devraient donc rapidement trouver leurs marques. Avec ici aussi, pendant certains combats, la possibilité d’être accompagné d'un ou deux personnages de soutien qui se battent de manière autonome mais qui peuvent employer deux techniques à la demande et qui ont également la possibilité de réaliser des attaques combinées.


RPG oblige, il y a cependant ici un coté plus communautaire à tout ce petit monde, vous obligeant à associer certains persos ayant plus d’affinité les uns avec les autres et à développer ces liens afin d’avoir ensuite accès à divers bonus, attaques spéciales etc… Je vous avoue que cet aspect m’a paru un peu confus dans un premier temps et je n’y avais donc pas accordé de réelle importance. Mais en progressant on se rend alors vite compte que cet aspect du gameplay est bien un élément crucial. Sans quoi vous risquez fort de vous retrouver dans l’incapacité de progresser sereinement dans l’aventure.

A chaque personnage, gentil comme méchant, est associé un niveau et diverses statistiques. Du côté des personnages jouables et des personnages de soutien, diverses actions hors combat peuvent être effectuées pour faire grimper les différentes statistiques : consommer de la nourriture, créer des associations d'emblèmes de personnages sur les différents tableaux communautaires et "faire des cadeaux" à ces mêmes emblèmes. Les explications données à ce sujet en début de partie sont relativement vagues et les développeurs auraient certainement pu trouver un meilleur moyen d'expliciter la chose. Quoiqu’il en soit, il vous faudra en passer par là et prendre le temps nécessaire pour assimiler ces concepts.

Notre verdict:
Si vous cherchez un jeu basé sur l’univers Dragon Ball Z dans lequel revivre avec splendeur les moments les plus marquants de la saga culte d’Akira Toriyama sur font de RPG, ne cherchez plus, Kakarot est LE jeu qu’il vous faut. Visuellement superbe, riche en quêtes et suffisamment complet (et complexe) pour vous occuper durant plus d’une bonne cinquantaine d’heures, vous devriez trouver ici de quoi combler vos attentes. On regrettera cela dit que le système de combat soit un peu trop calqué sur celui des épisodes Xenoverse, parfois confus et à la prise en main douloureuse. Surtout après Dragon Ball FighterZ qui restera longtemps comme LA référence en la matière. Malgré ça, la copieuse dose de fan service, les voix japonaise originales, la BO officielle de l’animée, la fidélité au manga et les quêtes ajoutées venant étoffer la trame narrative sont quant à eux autant d’éléments qui font de Dragon Ball Z Kakarot un réel incontournable pour tous les fans de Goku.
8/10

9 janv. 2020

[Review] AO Tennis 2, le test Xbox One X

Grâce à AO Tennis 2, mesurez-vous aux pointures du circuit ATP et WTA dans un Mode Carrière narratif entièrement repensé en simple et double. Découvrez une gestion réaliste de la réputation de votre joueur, mais aussi des possibilités de personnalisation quasi illimitées, des animations et mouvements plus réalistes, sans oublier la possibilité de créer de nouveaux défis grâce à l'éditeur de scénarios, ainsi qu'une IA améliorée...

Après presque deux ans depuis la sortie du premier volet chez nous, la licence AO Tennis nous revient dans une version améliorée, proposant un mode carrière plus abouti, une IA peaufinée, ainsi que la gestion de votre réputation en guise de nouveauté. Alors que les (bons) jeux de tennis se font plutôt rares sur consoles et PC, AO Tennis 2 sera-t-il le titre qui mettra tous les amateurs de la petite balle jaune d'accord? C'est la question à laquelle je vais tenter de répondre avec notre test détaillé, effectué sur une version Xbox One. Le jeu est bien sûr également disponible sur PS4, Switch et PC.

Développé par Big Ant Studios et distribué par Big Ben Interactive, la première chose qui saute aux yeux quand on découvre AO Tennis 2, c'est que l'évolution technique  entre le jeu sorti en 2018 et sa version 2020 n'est pas à proprement parlée "flagrante". Le rendu visuel du titre affiche toujours des graphismes soignés et un rendu plutôt crédible de son casting (Rafael Nadal, David Goffin etc...) et de ses stades, mais on n'a pas véritablement l'impression que les équipes de Big Ant se sont focalisées sur l'esthétique. Coté licences là aussi peu de changement, le titre ne proposant cette fois encore que la licence officielle de l'Open d'Australie parmi les 4 tournois du Grand Chelem (d'où son nom AO pour Australian Open). Par contre, il faut saluer l'immersion ressentie, car on a véritablement l'impression d'être sur le Rod Laver Arena en compagnie des joueurs, dans l’ambiance unique de ce temple du tennis, premier tournoi du Grand Chelem de l'année.

J'y reviendrai plus bas, mais sachez que l'aspect communautaire du titre peu largement combler les manques de joueurs et de stades au travers d'une vaste base de données (cross plates-formes qui plus est!) vous permettant d'ajouter quantités de contenu au jeu de base. Un élément assurément grandiose dont vous ne pourrez qu'abuser sans ménagement.


Coté gameplay, pas de véritable bouleversement là encore, avec toujours un gameplay technique et accrocheur, qui vous réclamera un léger temps d'adaptation. Avec un double système de jauges qu'il va falloir apprivoiser si l'on désir progresser sans se faire trop sanctionner par ses adversaires sur les courts. La première des deux jauges indique la précision/force de la frappe en maintenant la touche (slice, lift ou à plat) enfoncée. Cette dernière se réduira en fonction de votre fatigue durant un match, mais pourra être restaurée totalement ou partiellement si vous enchainé des points plus courts ou des aces. La seconde jauge vous renseigne quant à elle sur le timing en utilisant un code couleur allant du vert au rouge. Si vous êtes dans le vert, vous gagnerez en précision et donc en efficacité. Dans le rouge par contre vos chances de mettre la balle dehors augmentent considérablement, tout comme de ne pas remporter l'échange d'ailleurs. Un temps d'apprentissage est ici requis pour maitriser le concept, mais n'ayez crainte un mode entrainement est inclus pour vous y familiariser.

Coté modes de jeu, AO International Tennis propose les classiques solo, duel (en simple, double et double mixte, local ou en ligne), entrainement, Académie (un mode "création" sur lequel je reviendrai plus tard), Australian Open (100% dédié à l'Open d'Australie et à ses terrains), et puis bien sûr le mode Carrière.


Concernant le mode Carrière, on retrouve ici l'essentiel de ce qui est attendu avec quantité de tournois auxquels participer (certains réclamant un rang ATP minimum pour pouvoir concourir), des temps de repos, des entrainements, des match exhibition etc... Tout cela configurable à votre guise, et ce tout en gardant un œil sur votre niveau de fatigue. On y retrouve cette fois un coté scénarisé qui était absent du premier. Un plus sympathique, certes, mais qui ne modifie pas fondamentalement le concept, vous vous en doutez.

Chaque victoire vous rapportera de l'Xp qui vous permettra de faire évoluer votre joueur (endurance, vitesse, force etc...), ainsi que de l'argent vous permettant de faire progresser le jeu de votre avatar (coup droit lifté, revers slicé etc...). C'est lent mais relativement bien pensé. Vous pourrez également vous adjoindre les services de sponsors, qui vous rapporteront aussi des l'argent au grès de vos résultats.

Une saison constituée de nombreux tournois (dont les quatre du Grand Chelem) mais une seule licence officielle malheureusement. Cela dit, vous devriez les reconnaitre facilement, comme le Centre Court de Wimbledon (ci-dessus), ou le Court Central de Roland Garros (ci-dessous).


Le souci du détail dans quasiment tous les domaines. Si la concurrence souffre d'un manque de finition globale, on est agréablement surpris par AO Tennis 2. Les menus sont ici ultra détaillés et complets, avec la possibilité de tous, ou presque, configurer à votre guise. Nombre de jeux/sets suivant les tournois, mais aussi type de tie-break (ou pas de tie-break du tout avec alors 2 jeux d'écart), durant tous les matchs ou juste au dernier set, vitesse de déplacement générale, devises etc... Bref, on avait sans doute jamais vu autant d'option dans un jeu de tennis jusqu'alors. Et on retrouve cette profusion de détails dans la création de votre avatar aussi, j'y reviendrai dans un instant.

Le détails est aussi sur le court bien sur, avec tout d'abord l'arrivée des joueurs et la présentation par l'arbitre de chaise (que vous pouvez évidement passer), puis le tirage au sort pour le service, la possibilité de faire appel au "challenge" et donc discuter une décision d'arbitrage, ou encore de voir que l’adversaire fait aussi des fautes régulièrement (ça soulage!).


Grâce à l'Académie vous allez pouvoir laisser libre cour à votre créativité en imaginant les joueurs, les tenues (logos) ou encore les stades de votre choix puis en les partageant avec la communauté. Une idée de génie, qui permet au studio Big Ant de contourner l'absence d'autres licences (tournois et joueurs) dans le jeu, qui leur auraient couté une fortune. Vous pourrez ainsi vous plonger dans l'infinité des profils disponibles en ligne pour aller par exemple rechercher des copies de joueurs officiels manquants au casting tels que Federer ou Djokovic, mais également des légendes telles que Agassi, Sampras etc... Idem en ce qui concerne les tournois et les stades.

Lors de la création de votre avatar, vous pourrez également bénéficier du logiciel PlayFace (via PC) vous permettant de créer votre double à partir d'une photo. Vous pourrez ensuite le récupérer dans le jeu et peaufiner ses traits. On peut aussi saluer la présence de quasiment toutes les marques vedettes (Head, Wilson, Prince etc...) du tennis dans les équipements à votre disposition.


Il nous faut à présent lister ce qui ne nous a pas plu dans AO Tennis 2. Si globalement l'impression est plutôt positive, sur la durée, le jeu montre cela dit ses limites, avec une profondeur de gameplay assez réduite. On trouve vite ses automatismes et enchainer les coups gagnants devient petit à petit de plus en plus facile, comme au service par exemple, une fois le double système de jauges apprivoiser. On peut aussi noter que tous les joueurs ont à peu près le même jeu, et que les différentes surfaces se jouent globalement pareil. Bien sûr il y a aussi les grands absents du casting (joueurs et tournois), avec trop peu de joueurs "stars" intégrés, même si l'Académie vous permettra de compléter cela grâce à votre créativité ou celle de la communauté. On peut aussi mieux faire en ce qui concerne les temps de chargement, ou encore la lisibilité du jeu, pas toujours optimale, ou celle des menus, plutôt austères (mais détaillés).

Coté ambiance, AO Tennis 2 fait là par contre un sans faute, la foule réagit parfaitement avant, pendant et après un match, et on aime tout particulièrement l’ambiance restituée des matchs sur le Rod Laver Arena de l'Autralian Open. Pas de commentaire audio à signaler ni de traduction du score par l'arbitre dans la langue locale par contre.

Notre avis:
Au final, quasiment deux ans après la sortie du premier opus, AO Tennis 2 se dévoile davantage comme une évolution de son modèle. Confirment les bonnes impressions ressenties en 2018, cette mouture 2020 consolide les fondations et nous offre au passage quelques ajouts bienvenus. Face à la concurrence, plutôt maigre certes, AO Tennis 2 s'impose en tous cas largement comme le seul prétendant sérieux. Le jeu reste cependant encore perfectible sur certains points, dont la profondeur de son gameplay. On appréciera par contre la richesse de ses menus et modes de jeu, la présence de son Académie nous offrant de laisser libre cour à notre imagination et surtout la manne de contenu communautaire partagé (en cross plate-forme je le rappelle), ou encore son mode Carrière accrocheur.
7.5/10

17 déc. 2019

[Review] Life is Strange 2 - La Saison Complète, le test Xbox One X

Sean et Daniel Diaz fuient leur foyer à la suite d'une tragédie. Craignant la police et devant gérer les pouvoirs de télékinésie de son jeune frère, Sean décide d'aller se réfugier au Mexique. Il doit apprendre à Daniel la différence entre le bien et le mal, et à mesure que le pouvoir de Daniel évolue, établir des règles de conduite. Faut-il garder le pouvoir secret, ou l'utiliser pour faciliter leur voyage ? Les décisions de Sean influencent le destin des frères Diaz, et aussi la vie de tous ceux qu'ils rencontrent. De Seattle à la Californie, la route vers le Mexique est semée d'embûches, mais aussi pleine d'amitié, d'émerveillement et de possibilités. Ce voyage les liera pour toujours... ou les séparera à jamais...

Après une première saison qui nous avait permis de faire la connaissance de Chloé et Rachel (voir notre test de la version PS4), Life is Strange 2 nous embarque vers des horizons bien différents, en compagnie cette fois de deux frères et de leur road trip incroyable, où fraternité rimera avec découverte, entraide et émotion. Un voyage découpé en conq chapitres, pour une aventure narrative cinématique d'une intensité remarquable.

Dans Life is Strange 2 vous accompagnez les frères Diaz, Sean (16 ans) et Daniel (9 ans), qui se voient contraints de s'enfuir de chez eux, dans la banlieue de Seattle, à la suite d'une tragédie qui changera leur vie à tout jamais. La manifestation d'un incroyable pouvoir de télékinésie et ses conséquences pour Sean et Daniel complique encore davantage la situation, et ce pouvoir pèsera inévitablement sur leurs rapports et leur destiné.

Le premier épisode nous permet de cerner la relation qui existe entre les deux frères. Le plus jeune ne comprenant pas bien ce qui se passe, et l'ainé devant servir de modèle, de guide, vers ce qui semble être la seule solution raisonnable à ses yeux. Rapidement les premiers conflits s'installent. Les premières rencontres également. Car durant ce long voyage, ils ne seront bien sûr pas seuls. Des rencontres qui bouleverseront leur destiné, assurément. Et ils devront souvent se cacher, pour échapper à la police et au FBI qui les recherchent, avec toujours pour objectif d'atteindre leur eldorado, Puerto Lobos, au Mexique.


Notre avis:
Une aventure touchante et bouleversante, qui m'a personnellement davantage embarqué que la première saison. Une relation fraternelle qui, dès le premier épisode, vous touchera en plein coeur. Là où la saison 1 s'adressait davantage, à mon sens, à un public plus féminin et adolescent, cette seconde saison se montre nettement moins sectaire et clivante. Un voyage assurément hors du commun et inoubliable, que vous ne pourrez lâcher avant d'être arrivé à son terme.
8/10

La saison complète de Life is Strange 2 est dès à présent disponible sur Xbox One et Playstation 4, ainsi que sur PC Windows/Steam. Le jeu est optimisé pour Xbox One X et PS4 Pro.

11 oct. 2019

[Review] Ghost Recon Breakpoint, le test PS4/XB1

Tom Clancy’s Ghost Recon Breakpoint est un jeu de tir militaire qui se déroule dans un monde ouvert mystérieux, hostile, aux multiples facettes, que vous pouvez jouer intégralement en solo ou en coopération jusqu’à 4 joueurs. Blessé, sans soutien, et traqué par d’anciens Ghosts, vous devez lutter pour survivre, perdu sur Auroa. Choisissez les bons alliés et décidez comment vaincre votre ennemi le plus redoutable : les Wolves...

Un peu plus de deux ans après la sortie de Ghost Recon : Wildlands (voir notre test de la version PS4), la licence d’Ubisoft nous revient avec un plus vaste terrain de jeu encore. Exit la Bolivie et ses narcotrafiquants (lieu choisi qui avait d’ailleurs généré quelques tensions avec les autorités locales), pour une île fictive cette fois, Auroa.

Si tout n’était pas parfait dans Wildlands, le jeu proposait quoiqu’il en soit un gameplay bien rodé, une ambiance maitrisée, et surtout un plaisir de jeu multijoueur indéniable. Logiquement, on ne pouvait donc s’attendre qu’à une copie encore meilleure pour la sortie de Breakpoint. Mais est-ce vraiment le cas ? C’est ce à quoi nous allons tenter de répondre dans notre test, effectué sur une console PS4 Pro au départ d’une version dématérialisée fournie par l’éditeur.

Globalement, les atouts restent les même. Un vaste terrain de jeu, des activités innombrables, un gameplay soigné, et un multijoueur coopératif plébiscité et efficace. Je rassure les joueurs solos, dont j’avoue faire aussi partie la plupart du temps, le mode Histoire, vaste et généreux, peut être parcouru intégralement seul, mais rendant alors certaines missions plus compliquées puisqu’il n’est pas ici possible, contrairement à Wildlands, de diriger des PNJ pour constituer une équipe de 4. On se retrouve totalement seul du début à la fin lors des missions. Si une connexion internet est obligatoire (pour vous connecter aux serveurs d’Ubisoft), un abonnement Playstation Plus (ou Xbox Live) n’est pas quant à lui requis dans ce cas. Par contre, si vous souhaitez bénéficier des fonctionnalités multi-joueurs et coopératives de Breakpoint, un abonnement sera dès lors nécessaire bien sûr.

Un vaste terrain de jeu...

La map de Ghost Recon Breakpoint est véritablement immense. Tout comme avec Wildlands, on peut ici la parcourir à pieds (chose vivement déconseillée) ou en empruntant l’un des nombreux moyens de locomotion mis à notre disposition (moto, 4x4, hélicoptère etc…). C’est clairement l’hélico qui sera le plus rapide, mais pas toujours le plus discret. Et vu les moyens dont disposes les forces rebelles sur place (parmi lesquels des drones de combat plutôt agressifs), ce sera à vous de juger de la meilleure solution au vue de la situation. A noter tout de même que la conduite de certains véhicules (comme les motos par exemple) se révèle être parfois étrange, voire même laborieuse… Mais le revers de la médaille de ce vaste terrain de jeu, c’est que finalement Breakpoint se montre bien moins luxuriant que l’était Wildlands. Les animaux se font ici plus rares, la végétation moins danse, la population locale quasi inexistante. Bref, moins de vie pour animer les lieus, même si on attestera de la présence d’environnements plus variés.


Coté scénario, Ghost Recon Breakpoint propose une intrigue convenue mais néanmoins accrocheuse, avec en fil conducteur la traque d’un membre devenu mercenaire et ayant rejoint les troupes ennemies. Tout débute par l’attaque d’un navire de l'US Navy, envoyé par le fond dans le Pacifique. Le gouvernement américain décide alors d'enquêter sur cet incident. Un commando est dès lors envoyé en hélicoptère pour survoler la fameuse île et très vite, notre groupe se retrouve décimé par une étrange menace, qui sera vite identifiée puisqu’il s’agit de drones de combat. On se retrouve donc "seul contre tous" (avec notre équipe en coopération ou seul dans le mode solo) sur une île perdue au milieu de nulle part et dont on ignore tout. De quoi installer un aspect survie (durant les premières heures de jeu du moins), d’autant plus ressentie en parcourant l’aventure en solo.

Une interface peu intuitive...

Le plus gros reproche que je ferai à Breakpoint, au-delà des critiques précitées, c’est sans aucun doute ses menus et son interface de navigation. Clairement, même après plusieurs heures passées sur le terrain, il faut encore chercher « où et comment », et cela est franchement très agaçant. Comment upgrader une arme, modifier un équipement, débloquer ou consulter des indices de missions, retrouver un marqueur sur la carte etc… Ceci est d’autant plus surprenant qu’en général les titres d’Ubisoft ne souffrent pas de ce genre de critiques. Le croisement entre certaines missions principales et secondaires n’aide pas non plus le joueur à s’appuyer sur une vraie cohérence là-dedans, et la progression du scénario, un peu brouillonne parfois, participe également à obscurcir sans doute les choses. Bref, soyez patients et indulgents, et normalement, vous devriez finir par y voir plus clair (ou pas).


Comparatif PS4/XB1 : Nous avons reçu de la part d'Ubisoft un code PS4 (version Gold) mais aussi un exemplaire (physique) Xbox One (accompagné du joli press kit du jeu, que je vous présentais sur Instragram, pour celles et ceux qui me suivent). J'ai donc pu comparer les deux versions, sur PS4 Pro et Xbox One X. Aucune des deux ne propose de 4K mais chacune affiche un rendu HDR venant rehausser la luminosité et les différents effets. Que ce soit au jeu des textures, des animations, de la fluidité, je n'ai rien constaté de probant qui pourrait sincèrement les départager. Difficile donc, honnêtement, de donner l'avantage à l'une plutot qu'à l'autre. Je dirais donc que ni les joueurs sur PS4 ni ceux jouant sur XB1 ne seront ici lésés.

Notre verdict:
Inspiré par son prédécesseur mais aussi par d’autres licences estampillées Ubi (comme The Division, clairement), Ghost Recon Breakpoint se montre généreux, mais à force peut-être aussi un peu brouillon par moments, et du coup se perd parfois dans des « complications » inutiles. Certains choix moins judicieux donne aussi parfois le sentiment que Breakpoint fait moins bien que Wildlands, comme un solo bien plus fade à cause de la disparition du coté tactique, puisque sans appuie de PNJ cette fois. L’IA se montre encore et toujours perfectible, surtout si vous la jouez petits bras sur la difficulté (modulable), sans compter que le jeu souffre aussi de quelques bugs, occasionnellement pouvant même être gênants. Je n’aborderai pas le sujet des micro-transactions, et laisserai ce débat à ceux qui le souhaitent. Pour ma part, je n’ai jamais jugé mauvais le fait qu’un joueur qui paie bénéficie d’aides ou d’avantages in-game, même si cela n’est pas très équitable. Enfin, visuellement le jeu affiche un rendu plaisant sur PS4 Pro (HDR mais pas 4K), et on saluera au passage le casting (avec la présence de l’acteur Jon Bernthal), ainsi que le doublage (VO ou VF) soigné. Au final Breakpoint se révèle être une aventure plaisante mais pas mémorable, taillée pour la coop bien plus que pour le solo, le tout sur une map énorme et aux environnements variés.
7.5/10

28 juin 2019

[Review] Super Mario Maker 2, le test Switch

Brisez les conventions pour créer les stages Super Mario dont vous avez toujours rêvé dans Super Mario Maker 2, en exclusivité sur Nintendo Switch ! Avec toute une panoplie d'outils, d'éléments de stage et de fonctionnalités à votre disposition, donnez libre cours à votre imagination pour façonner des stages uniques à partager avec vos amis et les joueurs du monde entier... 

Après le succès rencontré par son prédécesseur, il n'est pas très surprenant que Nintendo nous propose une suite à Super Mario Maker. Mais que peut donc bien nous réserver cette épisode 2 que ne nous proposait pas déjà le titre original ? Fort d'un concept addictif et assurément maitrisé, Super Mario Maker 2 est avant tout une solide évolution, venant pour le coup corriger les imperfections et les erreurs du premier, tout en oubliant pas d'y apporter son lot de nouveautés bien sûr. Nous allons ici essayer d'en faire le tour ensemble au travers de notre test détaillé.

Je rassure cela dit les joueurs n'ayant pas forcément la fibre bâtisseur (un peu comme moi, je dois bien l'avouer...), Super Mario Maker 2 reste avant tout un jeu de plates-formes. Se mélangent ici les univers de Super Mario Bros, Super Marios Bros 3, Super Mario World et New Super Mario Bros (ainsi que le mode 2D de Super Mario 3D World), et ce dans le but de nous offrir l'accès à une quasi-infinité de niveaux. Et donc, si la création de niveaux ce n'est pas trop votre truc, d'autres options s'offrent heureusement aussi à vous dans Super Mario Maker 2. Pas de panique donc.

Commençons tout d'abord par le mode Histoire. Dans ce dernier, votre mission sera de rebâtir le château de Peach. Pour ce faire, il suffit d'enchainer des missions données par des Toads afin d’engranger de l’argent. Ces missions, plutot courtes, servent surtout de tutoriel pour vous familiariser avec les mécaniques du jeu. Ceci vous fournissant les armes nécessaires avant de vous frotter au mode Création. Néanmoins, le mode Histoire ne se boucle pas en deux minutes. Comptez même 5 bonnes heures pour en faire le tour. Avec à l'arrivée de solides connaissances pour la suite et, qui sait, stimuler votre créativité.

En tant que joueur solo, vous apprécierez sans doute l'expérience proposée par le mode "Défi Infini", qui vous invite à jouer à des niveaux choisis parmi l'ensemble de créations des joueurs jusqu’à ce que vous ayez perdu toutes vos vies. Quatre levels de difficulté sont disponibles, puisant dans les différents niveaux selon leur pourcentage de réussite. Ceci vous rappellera sans doute le "100 Mario Challenge", à la différence que cette fois il n’y a pas de fin programmée. Le classement hebdomadaire devrait sans aucun doute en motiver certains à battre des records.


Mais ce qui reste l'atout majeur de Super Mario Maker 2, c'est bien sûr son incroyable éditeur de niveaux. C’est évidement ce dernier qui va lui assurer une colossale - pour ne pas dire infinie - durée de vie. Un concept similaire à Super Mario Maker premier du nom, mais avec de petits (et plus gros) ajouts qui devrait encore davantage séduire l'esprit créateur qui sommeille en vous. Parmi les nouveautés qui nous ont marqué, on peut entre autres citer la possibilité de créer des salles fermées thématiques, des énigmes, de gérer la montée de l'eau ou de la lave, le scrolling automatique, de placer des doubles pantes, ou encore la présence d'outils inédits comme les pinces pour prendre des objets. Bref, impossible de tout énumérer, mais sachez que cette fois tout semble réellement possible grâce à Super Mario Maker 2 et que la seule limite devrait être celle de votre imagination.

N'oublions pas non plus de mentionner l'existence des conditions de victoires. Ces dernières peuvent être choisies par le créateur, comme par exemple l’obligation de ramasser un certain nombre de pièces, de tuer un type d’ennemi ou de ne pas sauter. Une idée judicieuse, qui offre réellement de beaux défis en perspective, vous en conviendrez.


Créer c'est bien, mais partager ses créations c'est encore mieux! Super Mario Maker 2 fait lui aussi le choix de mettre en avant sa communauté et de donner l'occasion à ses constructeurs de diffuser leurs œuvres, avec cette fois l'ajout de mots clefs permettant de mieux classifier et référencer les différents niveaux.

Le titre propose également, et c'est une nouveauté, de jouer en ligne jusqu’à 4 joueurs en coopération ou en versus. Attention cependant que tous les niveaux ne s'y prêtent pas forcément, même si aucune restriction ne semble ici de mise de ce coté là. Une prochaine mise à jour viendra peut-être affiner encore un peu plus le référencement, espérons-le. Souhaitons également qu'une prochaine mise à jour vienne aussi corriger les quelques bugs en ligne gâchant parfois un peu l'expérience (freeze etc...). A noter que les premiers tests effectués l'ont été sur des serveurs dédiés à la presse avant la sortie officielle du jeu. Il faudra donc confirmer cela après la sortie.

Notre verdict:
Plus vaste, plus fun, plus généreux, difficile de critiquer le contenu de Super Mario Maker 2 dès à présent disponible sur Switch. Les férus de construction à l'imagination débordante ne devraient ici avoir aucune limite de création, avec un éditeur de niveaux pharaonique. Nintendo n'a pas non plus négliger le fun avec un cupieux mode solo mais aussi divers possibilités multi-joueurs (coop et compétitif). Mis à part quelques désagréments sur l'expérience online, on ne peut que vous conseiller de foncer vous procurer Super Mario Maker 2 sans attendre.
9/10

19 mars 2019

[Review] The Division 2, le test PS4 Pro

Sept mois se sont écoulés depuis qu’un virus mortel a frappé la ville de New York ainsi que le reste du monde, paralysant la population. Lorsque le virus s’est propagé, la Division, une unité d’agents civils dormants, a été activée comme dernier rempart. Depuis, les agents de la Division se battent sans relâche pour sauver ce qui reste à sauver. Washington D.C. – la ville la plus protégée sur Terre – est en danger, laissant tout le pays au bord de l’effondrement. Si D.C. tombe, alors c’est le pays qui tombe. En tant qu'Agent de la Division sur le terrain depuis sept mois, vous et votre équipe êtes le dernier espoir d'arrêter la chute de la société après l’arrêt de la pandémie...

Trois ans très exactement après la sortie de The Division sur PS4, Xbox One et PC (voir notre test de The Division sur PS4), c'est sur ces mêmes supports que The Division 2 voit le jour. Loin d'être la copie conforme de son prédécesseur (à son lancement du moins), cette suite bénéficie de trois années largement mises à profit par les équipes de développement chez Ubisoft pour proposer une version aboutie, riche en contenu et à l’environnement plus immersif que jamais.

C'est un fait, The Division 2 n'a plus rien avoir avec son modèle de 2016. Ceux et celles s'étant arrêtés là seront inévitablement frappés par les quantités d'ajouts et ajustements proposés, tout en conservant l'essentiel, alliant la coopération et le loot. Pour les joueurs par contre ayant continué à jouer à The Division durant les mois/années ayant suivis sa sortie, les différences seront peut-être par contre moins franches de prime abord, le contenu de The Division 2 ressemblant au final assez fort à celui que proposait son prédécesseur dans sa version la plus aboutie, c'est à dire au terme de multiples mises à jour, updates et ajustements ayant transformé considérablement (en bien!) l'expérience de jeu.

Ce The Division 2 sonne donc à bien des égards comme un The Division 1.5, du moins dans sa forme et son contenu. Missions au déroulement similaire, progression identique, gameplay quasi inchangé, loots et craft calqués sur le même schéma... On a durant les premières heures de jeu l'impression de naviguer en territoire plus que familier. A tort.


The Division 2 c'est avant tout une autre ambiance, plus chaleureuse. Exit l'hiver glacial des rues new-yorkaises et place à la douceur d'un soleil estival dans la capitale US. Une map plus étendue (+25% environs), reproduite cette fois à l'échelle 1:1. Davantage de lieus et de décors à explorer, d'objets à dénicher, mais aussi d'affrontements possibles, et surtout de missions et activités annexes.

Au niveau de sa campagne, The Division 2 reprend globalement la recette de son prédécesseur, mais en bénéficiant cela dit de l'expérience acquise au travers d'autres open worlds Ubisoft. La Base d'opération (qui n'est autre que la Maison-Blanche) sera une fois encore à améliorer au grès de votre progression dans le jeu, mais aussi des Refuges qu'il vous faudra aider. Ces derniers sont tenus par des civils tentant d'y survivre en recréant un semblant de vie communautaire. Vos choix et actions vous permettront de les faire évoluer, tant esthétiquement que qualitativement. Ceci ne sera pas anodin, puisque les résidents de ces lieus pourront à leur tour vous porter mains fortes lors de certaines missions, ou pour certains d'entre eux rejoindre même votre Base d'Opération afin de la faire évoluer. Loin d'être superficiel, il sera essentiel de les aider sans quoi vous ne pourrez pas progresser pleinement dans le jeu.


Chaque quartier de Washington (à la difficulté variable et renseignée d'après le niveau recommandé) est sous le contrôle d'une faction, comme dans le premier épisode. Vous devrez les libérer les uns après les autres en prenant d’assaut les "forteresses" qu'ils contiennent et ainsi leur rendre une certaine plénitude. Sachez néanmoins que ces "raid" se révèlent plutot exigeants et qu'il mettront votre équipement à rude épreuve. Si vous êtes un joueur solo, envisagez peut-être l'option multi-joueurs lors de ces affrontements. Mais ceci n'est évidement qu'une suggestion. Pour info, les match-making se font toujours via les planques, également de retour.

La difficulté du jeu m'a néanmoins semblé plus corsée. Bien qu'allant crescendo, certains ennemis sont ici bien plus résistants que par le passé (à niveau équivalent) et la simple déferlante de pistolets mitrailleurs ne suffira bien souvent pas pour en venir à bout. Il vous faudra, face aux boss ou aux ennemis d'élite par exemple, composer avec un arsenal plus vaste pour le mettre à terre. Il vous faudra en effet dans un premier temps entamer leur défense (armure) avec des explosifs, avant de pouvoir leur infliger enfin de vrais dégâts avec vos armes traditionnelles. D'où la nécessité de bien coordonner vos actions en groupe. En solo, ce sera nettement plus long et compliqué, mais pas impossible puisque j'ai majoritairement joué seul aux missions principales.


Il faut saluer le travail fait sur l'IA également. Fini les ennemis stupides qui se postent devant vous sans réfléchir et qu'il suffit ensuite d’aligner. Plus ils seront gradés, plus il seront malins. Se mettront à couvert, vous contourneront etc... On sent ici une vraie différence à ce niveau là, et cela fait vraiment du bien.

Techniquement il n'y rien à dire. Que ce soit sur console (PS4 Pro) ou sur PC (nous avons eu l'occasion de tester les deux versions), c'est globalement fluide, et surtout superbe en résolution 4K/HDR (essentiellement en extérieur avec des effets de lumière grandioses). Il faut savoir que le jeu propose des changements climatiques dynamiques, ainsi qu'un cycle jour/nuit. Et cela influe concrètement sur le gameplay. Les temps de chargements semblent également avoir été optimisés (chargements uniquement présents lors du lancement du jeu, aucun in-game sauf en cas de mort).

Une fois le jeu terminé, ce n'est que le commencement...

[Attention Spoiler] Si vous ne souhaitez rien savoir du End Game, passer directement à la conclusion au bas de cette page.

Une fois la campagne terminée (il m'a personnellement fallu une quarantaine d'heures pour y parvenir, en explorant largement les lieus et en m'adonnant à de nombreuses quêtes annexes), vous devriez être aux environs du Niveau 30, sans forcer. Vous devriez alors avoir libéré Washington DC et repris les trois Forteresses des factions installées.


C'est alors que débarqueront les Blask Tusk. La map que vous aviez mis tant de temps à libérer va alors se remplir à nouveau de rouge, la plupart des Points de contrôle vont être perdus et de nouvelles Forteresses vont apparaître. Les diverses missions principales se transformeront en Mission d'invasion avec les Black Tusk comme ennemis principaux. Bref, une toute nouvelle map s'affichera sous vos yeux et tout, ou presque, sera dès lors à refaire. Il n'y aura cela dit pas de véritable "nouvelles missions", mais un Washington DC à reprendre à nouveau, aider au passage pour de nouvelles "compétences" que nous vous laisserons découvrir. Plus d'info sur le End Game dans le trailer dédié au bas de cette page. Un conseil tout de même si vous êtes un chasseur de Trophées: tenter d'en collecter un maximum avant le End Game pour vous facilité la vie.

Un mot enfin sur le PvP et sur la Dark Zone de The Division 2. Lieu emblématique de The Division, la Dark Zone (zone PvP) est évidement de retour. Et cette fois ce n'est pas une, mais trois Dark Zones distinctes qui sont proposées. L'une plus ouverte, l'autre plus cloisonnée, et une troisième offrant quant à elle un mixe équilibré des deux. Vous pourrez une fois encore choisir d'y être solidaires face aux ennemis occupant les lieus ou au contraire devenir un renégat pour tenter de vous accaparer du butin rassemblé par d'autres joueurs, devenant dès lors l'homme à abattre. C'est là aussi que vous pourrez vous procurer les meilleurs loot du jeu, à condition bien sûr de réussir à les extraire sans vous les faire voler. Un meilleur équilibrage, de nouvelles options et une segmentation par niveaux repensée, font de ces espaces DZ un incontournable de The Division 2.

Notre verdict:
Bénéficiant d'une expérience de trois années de mises à jour, améliorations et ajustements sur le premier, The Division 2 est assurément le produit quasi parfait que les joueurs attendaient. Promesse tenue donc par Ubisoft et Massive Entertainment. Washington DC se révèle être le parfait terrain de jeu, agrémenté de quantité d'activités qui alimenteront la progression du joueur jusqu'à l'obtention du précieux Level 30 et du End Game (ne signifiant aucunement la fin du jeu d'ailleurs...). La gestion plus équilibré de la Dark Zone ainsi que le renfort d'un loot plus que jamais addictif, lui confèrent au passage une durée de vie quasi infinie. Essai assurément transformé donc pour Ubisoft, avec de plus de futurs contenus "post-lancement" dors et déjà annoncés et très alléchants.
8.5/10