15 avr. 2016

[Review] Dark Souls III, le test PS4

DARK SOULS III | Bandai Namco/FromSoftware
Disponible dès le 12.04.2016 sur PS4, XONE et PC -- Test effectué à partir d'une version éditeur.

Alors que les flammes vacillantes de votre feu de camp révèlent un monde en ruines, le studio FROMSOFTWARE et le réalisateur Hidetaka Miyazaki soufflent sur les braises pour annoncer Dark Souls III, troisième épisode d'une série légendaire renommée pour ses graphismes immersifs et son gameplay exigeant. Les ténèbres se resserrent sur vous...

Il y a des jeux avec lesquels vous savez que votre vie sociale va être bouleversée. Des jeux qui marquent si fort les joueurs de leur emprunte que plus rien d'autre n'existe et qui obsèdent durant des jours, des semaines parfois. Après nous avoir servi Demon Souls, Dark Souls I et II (voir review PS4 DSII) ou encore l'excellent Bloodborne (voir review PS4), FromSoftware nous livre avec Dark Souls III la conclusion de l’œuvre de Hidetaka Miyazaki. Un épilogue que nous attendions de pieds fermes.

Comme vous avez pu le découvrir avec notre présentation du superbe press kit envoyé par Bandai Namco, nous avons reçu notre exemplaire review PS4 quelques jours avant la sortie officielle. L'occasion pour nous de plonger un peu en avance en enfer et de "souffrir" avant les autres. La première chose qui saute aux yeux en débutant la partie, c'est que coté menus, peu de chose semble avoir véritablement changé depuis Bloodborne. C'est ici clairement un mixe entre les premiers Dark Souls et l'exclu PS4 signée FromSoftware. Et c'est à mon sens plus dans cette dernière, dont le jeu reprend d'ailleurs le moteur graphique mais aussi la dynamique des combats, que Dark Souls III puise la majeure partie de son inspiration. Un level design majestueux qui rappelle d'ailleurs souvent Yharnam, arpenté dans Bloodborne, à la fois tentaculaire et toujours intelligemment connecté, grâce à divers raccourcis et autres passages dérobés à découvrir. Le jeu affiche aussi de splendides panoramas nous laissant souvent entrevoir les lieux que nous visiterons plus tard.

Une fois votre personnage créé (parmi la dizaine de classe proposée), vous pourrez alors enfin plonger dans ce qui deviendra votre pire cauchemar. Et pourtant, grâce là encore à l'effet Bloodborne, Dark Souls III se montre clairement plus accessible que ses prédécesseurs "Souls" (sans pour autant être moins exigeant), moins rigide aussi, avec des déplacements plus dynamiques, un personnage plus mobile et réactif, et du coup des combats plus techniques encore parfois, contre les boss en particulier, car ce qui est valable pour notre personnage l'est aussi pour l'ensemble des créatures du jeu. Des boss qui resteront d'ailleurs pour certains dans les anales (et qui vous feront réviser votre vocabulaire de noms d'oiseaux...).

Coté difficulté, on ne va pas prétendre le contraire, finir Dark Souls III reste un vrai défi, que tous les joueurs ne seront sans doute pas capables de relever. Chaque boss, voire même chacune de vos rencontres dans le jeu, mettra vos talents de guerrier à l'épreuve, ainsi que vos nerfs, sachez-le. Car si vous mourrez, pour rappel (comme dans tous les Souls et comme c'était le cas aussi dans Bloodborne), vous perdez bien sur toutes vos âmes collectées et devrez vous rendre là où vous êtes mort pour tenter de les récupérer (à condition de ne pas mourir entre temps sinon elles seront définitivement perdues). Et sans ces âmes, impossible de monter de niveau, d'améliorer votre équipement ou encore de vous procurer certains éléments. Et pour ne pas simplifier les choses, à chaque fois que vous mourrez, toutes les créatures tuées reviennent bien sûr à la vie.

Alors, Dark Souls III est-il aussi difficile que les autres Souls? J'ai envie de répondre peut-être un peu moins difficile que les "Souls" qui l'ont précédé, mais sans doute pas moins difficile que Bloodborne, auquel il ressemble très fort. Si vous avez joué à Bloodborne, vous ne devriez pas être dépaysé ici. Prise en main globalement similaire, système d'évolution comparable, menu quasi identique, bref, Dark Souls III pourrait presque s’appeler Bloodborne II, ce serait pareil. On peut d'ailleurs considérer que pour les novices, ceux qui désireraient découvrir la saga des Souls sans avoir précédement joué Dark Souls I & II, Dark Souls III est sans doute l'opus le plus accessible des trois de par son coté moderne et dynamique, sans lui ôter pour autant son coté viscéral ni l'intensité du défi à relever.


Une chose est certaine en tous cas, le passif des travaux de Miyazaki (sur les Souls mais aussi et surtout sur Bloodborne) est clairement reconnaissable dans Dark Souls III, au point de transformer, dirons certains, ce nouvel épisode en une sorte de "best-of" des mécaniques des licences sur lesquelles l’homme a travaillé. Mélange entre la fluidité des combats d’un Demon’s Souls et d’un Bloodborne, comme je vous le disais plus haut, Dark Souls III se montre de suite plus nerveux que ces deux prédécesseurs. Mais contrairement à un Bloodborne, il n’en oublie pas de conserver la garde (bouclier), un élément clef du gameplay et de votre survie. Les parades et autres attaques dans le dos de la série sont ici une fois de plus le coeur de la philosophie d’approche des combats, et seront à reproduire encore et encore. Très nettement, on sent ici la volonté de FromSoftware de renouer avec l’esprit Demon’s Souls (fortement éclairé par un coté Bloodborne) et du coup mettre un peu de coté Dark Souls I et II, dont on retrouve finalement assez peu d'ADN ici.

On notera aussi quelques changements non négligeables, qui risquent bien de donner davantage de fil à retordre aux joueurs habitués à la licence. Les ennemis sont ici en effet plus réactifs, et leur passer dans le dos pour une attaque sera chose bien mois évidente que par le passé. Leur comportement se montre moins prévisible qu’auparavant et il devient du coup moins évident de leur tourner autour. Tout semble plus fluide, plus lié dans les mouvements, bien moins saccadé que dans Dark Souls II par exemple. Un autre héritage de Bloodborne. 

L'une des autres nouveautés que l'on rencontre dans Dark Souls III réside dans les “Combat Arts”. Cet ajout confère au personnage de nouveaux mouvements d’attaque plus puissants pour chaque type d’arme équipé. En maintenant L2 sur la DualShock 4 (après être passé en mode arme à deux main via la touche triangle), le joueur accède alors à de nouvelles techniques dont la plupart puisent leurs ressources directement dans une barre d'énergie. La barre bleu remplace les charges d’utilisation des sorts et s’épuise au fur et à mesure que le joueur lance ses techniques ou attaques spéciales. Elle se recharge en se reposant à un feu ou en buvant une potion spécifique. Attention que ces "Combat Arts", bien que très efficaces quand elle sont réussies, vous mettent d'avantage en danger. Vous devez en effet lors de la préparation de celles-ci baisser votre garde. Ce qui vous expose d'avantage aux attaques adverses.



La saga Dark Souls ne serait bien sûr rien sans ses affrontement de boss légendaires. Et de ce coté là Dark Souls III ne fera pas mentir l'adage. Chacun des boss est ici plus mémorable l'un que l'autre, et préparez vous à des combats d'anthologie!

Les affrontements de boss se montrent d'ailleurs plus variés que par le passé. Chaque boss, en milieu de combat généralement, évolue et change du coup sa routine. Le joueur devant alors (rapidement) s'adapter et changer sa stratégie. Si pour certains boss cela ne semble parfois qu'esthétique, pour d'autre il s'agit véritablement de jouer la carte "stratégie" et de rester parfaitement concentré, car qui dit évolution dit généralement aussi nouvelles techniques. Dans quel but me demanderez vous? Et bien simplement de briser la routine des affrontements grâce à l’effet de surprise. Le joueur ne peut donc plus se contenter d’appliquer bêtement une seule stratégie tout au long du combat. De quoi ajouter encore un peu plus de tension, déjà souvent à son paroxysme.

Peu mis en avant dans les épisodes précédents car pas véritablement conviviale, Dark Souls III se veut pourtant être plus lisible quant à son approche multijoueurs, fort là encore d'une expérience Bloodborne réussie. Fini le contraignant système de mémoire d’âme introduits dans Dark Souls II en renouant avec un mécanisme plus simple, issu du premier Dark Souls. Comment cela fonctionne-t-il? Et bien on place simplement sa marque (blanche ou rouge) au sol pour être invoqué par un autre joueur. Il faudra être en mode "Lord of The Cinder". Il vous sera d'ailleurs maintenant possible d’invoquer jusqu’à 3 joueurs (un de plus donc). Ayant fait ses preuves dans Bloodborne, il est désormais possible de définir un mot de passe pour limiter l’accès aux autres joueurs et ainsi retrouver plus facilement un ami. Enfin, un chat vocal intégré au jeu fait ici son apparition pour la première fois dans la série.



Impossible enfin de ne pas aborder la technique dans Dark Souls III, ainsi que l'ambiance du jeu de manière générale. On l'a déjà dit et redit, Dark Souls III bénéficie sur de nombreux aspects du travail fait par FromSoftware sur le développement de Bloodborne. Dark Souls III hérite donc des indéniables avancés graphiques en provenance directe de l'exclu PS4 sortie en 2015. Level design, architecture, et même ligne des personnages, Dark Souls III emprunte bon nombre d'éléments à son ainé. Un style qui tranche d'ailleurs radicalement avec la sobriété (pour ne pas dire la pauvreté...) graphique de Dark Souls II. On peut ici saluer entre autres la quantité de détails dans les environnements, la distance d’affichage, les effets de lumière, ou encore la façon dont les flammes, la poussière ou les tissus s’animent. C'est superbe et pour le coup Dark Souls III hérite clairement du titre de plus beau "Souls", sans hésitation. Autre point extrêmement positif à signaler, FromSoftware semble avoir appris de ses erreurs en matière de temps de chargement. Fini les interminables "loading" comme constaté durant les premières semaines avec Bloodborne, avant un patch correctif salvateur. Les temps de chargement sont ici acceptables, même si on espère bien sûr qu'une futures mise à jour les réduira encore. Enfin, ce serait un sacrilège de ne pas souligner la splendide B.O. du jeu, une fois encore grandiose. Des thèmes qui resteront eux aussi dans les mémoires. Par contre, contrairement à Bloodborne, pas de VF, l'intégralité des voix sont ici en anglais, sous titrées français (comme les textes et menus) je vous rassure.

Pour rappel, Dark Souls III est disponible sur PS4, One et PC en édition standard, boitier steelbook (Apocalypse Edition), Collector (avec statuette 25cm) et Prestige (avec deux statuettes dont une du Seigneur des Cendres de 40cm!).

VERDICT
L'épilogue du travail d'Hidetaka Miyazakia dans la saga des "Souls" restera sans doute comme son plus beau chef d'oeuvre. Dark Souls III n'est rien de moins que le meilleur de tous les épisodes sortis à ce jour, Bloodborne compris, même si ce dernier pourrait tenir la comparaison sur bien des aspects. Une fois encore vous allez souffrir et vous allez aimer ça ! Les influences des précédents jeux signés FromSoftware sont indéniables. On y retrouve un rythme tout droit hérité de Demon’s Souls et de Bloodborne, sublimé par un level design incomparable et des combats de boss épiques. Le tout se dote de quelques nouveautés et ajustements en matière de combats, pour le meilleur là aussi. Ajoutons à cela une durée de vie plus que généreuse, un aspect multijoueurs/coop repensé, un niveau technique quasi irréprochable, sans oublier un défi de taille, et on obtient avec Dark Souls III un jeu exigeant mais aussi et surtout un des titres parmi les plus addictifs (et envoutants) depuis longtemps. Un titre à ne manquer sous aucun prétexte, à condition que vous en ayez suffisamment dans le pantalon pour oser l'aventure bien entendu.

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