18 nov. 2014

[Review] Assassin's Creed Unity, le test PS4

ASSASSIN'S CREED UNITY | Ubisoft
Disponible dès le 13.11.2014 sur PS4, One, et PC -- Test effectué à partir d'une version éditeur.

Paris, 1789. La Révolution Française fait rage et toute la ville est plongée dans le chaos et la terreur. Alors que le destin de toute une nation se décide, un jeune homme du nom d’Arno mène une quête personnelle qui fera de lui un vrai Maître Assassin. Plongé au cœur d’une lutte sans merci pour le pouvoir, Arno révèlera les vraies forces qui agissent dans l’ombre de la Révolution. De la prise de la Bastille à l’exécution de Louis XVI, plongez au cœur de la Révolution Française, et participez aux évènements qui ont marqué l’Histoire de la France...

Parmi toutes les sorties de cette année prévues sur la nouvelle génération de consoles, Assassin's Creed Unity était sans conteste le titre que j'attendais le plus en 2014. Et oui, je suis un grand fan de la série, je ne vais pas le cacher. Et je dois vous avouer d'entrée que le résultat fut bel et bien à la hauteur de mes attentes. Une attente qui fût un peu plus longue que prévu d'ailleurs, avec un report de 3 semaines annoncé quasiement à la dernière minute, et qui n'a fait qu'ajouter de l’angoisse à mon impatience (le syndrome du report de Watch_Dogs me donnait des sueurs froides...). Alors je sais que cette sortie a été pas mal décriée par certains (les médias US en particulier, frustrés par un embargo presse calé sur la date de sortie européenne, deux jours plus tard que chez eux), parlant de bugs ou de problèmes divers. Je n'ai personnellement rien rencontré de tout cela lors de mon test de la version PS4. Je pense d'ailleurs que c'est surtout la version PC qui était concernée, nettement moins les versions PS4 et One. Quoiqu'il en soit, sachez que tout ceci n'est à mon sens pas justifié au regard de l'expérience magistrale que m'a offert ACUnity.

Une nouvelle époque historique et un nouvel assassin pour le titre le plus ambitieux de la franchise Assassin's Creed jusqu'à ce jour. C'est clair qu'avec Assassin's Creed IV Black Flag, Ubisoft est loin d'avoir fait l'unanimité auprès des fans. J'avoue que personnellement ce fut l'épisode que j'ai le moins aimé de tous, et le seul que je n'ai pas terminé d'ailleurs (ni sur PS3, ni sur PS4). Les phases en bateau m'ayant en particulier copieusement gonflé! Heureusement, avec ACUnity, la franchise renoue avec les origines de la série, et se recentre sur les fondamentaux: discrétion, infiltration, et assassinats. Le conflit assassins/templiers reprend d'ailleurs plus que jamais du service dans cet épisode majeur, pour lequel Ubisoft abandonne au passage les chiffres (il aurait dû s'appeller Assassin Creed V), pour préférer un sous titre (Unity). Un moyen d'éviter de faire peur aux nouveaux joueurs découvrant la série au travers de la nouvelle génération.




Nouvelle époque et nouvel assassin, je vous le disais plus haut, avec cette fois un encrage temporel au moment de la révolution française. Une période riche historiquement parlant. Je n’aborderai pas ici les diverses polémiques faisant actuellement rage concernant les libertés prises à ce niveau là par Ubisoft. Rappelons juste que la vocation première de la licence Assasin Creed n'a jamais été d'instruite, mais bien de divertir. Et dans cet optique, c'est un cahier des charges pleinement rempli. Le jeu puise donc dans l'histoire de France pour nous offrir des rencontres attendues ou plus inattendues, entre le Paris historique du 18ème siècle et ses monuments illustres et royaux, et des failles temporelles servant de prétexte à des visites plus contemporaines de la ville lumière. On ne pourra d'ailleurs, pour tous ceux ayant déjà visité la capitale française, que saluer le travail remarquable effectué en matière de restitution de ces bâtiments. Assassin's Creed Unity étant une carte à l'échelle 1:1 de la ville de Paris fin 18e, avec ses lieux emblématiques et majestueux, tels Notre Dame, l'Assemblée Nationale, les jardin du Luxembourg, le Louvre, le Panthéon, et tant d'autres, sans oublier Versailles et ses dorures. Une carte immense (la plus vaste de la licence à ce jour), que vous pouvez parcourir au sol dans les rues, en hauteur sur les toits, ou en sous-sol via l’impressionnant réseau des égouts.

Assassin's Creed Unity introduit également un nouveau héros: Arno Dorian. Rappelant sur bien des points un certain Ezio Auditore (Assassin's Creed II), ce jeune homme orphelin cherche à faire toute la lumière sur la mort de son maitre et mentor. C'est là qu'il va rencontrer la confrérie des Assassins, et devenir l'un d'eux. Servant de fil conducteur à l'histoire principale, ses recherches vont petit à petit révéler un complot bien plus vaste et des ramifications inattendues. Mais pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte, je n'en dirai pas d'avantage.




Après le font, il est grand temps d'aborder la forme dans Assassin's Creed Unity. Premier chapitre exclusivement Next Gen de la licence Assassin's Creed (et d'ailleurs premier jeu exclusivement Next Gen pour Ubisoft tout court), ACUnity se devait d'être à la hauteur sur le plan techniquement. Un point forcément très attendu (au tournant) par les critiques. Après Black Flag et sa version PS4 tournant en 1080p, l'annonce d'un Unity "bridé" à seulement 900p/30fps fut pour le moins surprenante. Mais à bien y regarder de plus près, avec son architecture minutieuse et sa foule généreuse et gourmande, les deux jeux sont au final très différents l'un de l'autre en termes de gestion des ressources. Ubisoft a donc dû faire des choix (et certains sacrifices au passage) afin de proposer la meilleure expérience de jeu possible aux joueurs. On en revient du coup à ce que j'abordais brièvement en guise d'intro, le temps de développement. Avec peut-être une année supplémentaire, les choses auraient peut-être été plus belles encore, plus fluides, plus affinées, mais l'expérience aurait-elle été meilleure ou différente pour la cause? Probablement pas. En tant que joueur, j'accepte et cautionne le choix fait par Ubisoft, et suis plus que ravi d'avoir pu découvrir Arno cette année, même si cela fut au prix de certains sacrifices (tout à fait acceptables cela dit entre nous). Il demeure quoiqu'il en soit que ACUnity est incontestablement beau en l'état, copieux, jouissif et immersif aussi, et rien ne nous dit qu'un patch 1080p ne viendra pas un jour élever cette expérience vers des sommets encore plus hauts.

Et le gameplay dans tout ça me direz-vous? Une chose est certaine, Ubisoft a tenté de renouveler les choses avec ACUnity, en proposant d'abord un free run revisité et un coté infiltration mieux maitrisé. Les deux gâchettes L2 et R2 servant à passer d'un mode à l'autre (L2 pour l'infiltration et R2 pour la course libre). On apprécie d'ailleurs grandement la possibilité, comme dans Shadow of Mordor par exemple, de pouvoir librement (enfin!) prendre une attitude discrète et approcher certaines ennemis à pas feutrés. Une liberté qui n'existait pas jusqu'à Unity. Le free run évolue lui aussi, avec ici trois possibilités. Utiliser R2 et laisser le jeu choisir à votre place quoi faire (monter, descendre, entrer etc..), ou utiliser les combinaisons R2+croix ou R2+rond pour, respectivement, monter ou descendre lors des séquences de courses libres. Si dans l'idée cela est plutôt louable, dans les faits ça ne fonctionne pas toujours de façon exemplaire. Cela reste néanmoins plus agréable qu’auparavant, certes, même si le jeu reste très obstiné quand il s'agit de vous faire monter (à tous prix!!) sur certains éléments alors que vous voulez simplement courir. Un gameplay amélioré donc, mais qui reste encore et toujours perfectible sur ce point (ça viendra un jour, j'en suis certain...).


Un autre élément qui a changé dans Assassin's Creed Unity par rapport à ses prédécesseurs, c'est la structure même des combats, et surtout la gestion de ces derniers. Plus difficiles, ou disons plus exigeants qu'avant, les combats réclament avant tout de la concentration et un excellent timing. Une règles qui s’applique surtout quand vous vous retrouvez face à plus 2-3 adversaires, dans quel cas il vaut mieux fuir, si vous le pouvez encore... Pour résumer les choses, vous allez devoir parer les assauts des gardes et autres milices qui rodent dans les rues de Paris lors des confrontations (nombreuses) que vous aurez à gérer. Une fois que vous aurez été repéré et que le signal devient rouge, les gardes vous attaquent. Deux options. La première est de fuir (en évitant les tires, souvent meurtriers), la seconde est d'aller à l'affrontement. Dans ce cas, vous devez parer au bon moment, avant de contrattaquer. Le bon moment est indiqué par une jauge qui apparait au-dessus de votre adversaire. Un timing précis vous permettra de prendre l'avantage et ainsi pouvoir asséner un coup décisif, voir parfois mortel. Mais Assassin's Creed Unity instaure également, et ce pour la première fois de la série, un système de classes et de niveaux entre les différents personnages. Vous démarrez niveau 1 sur 5. Inutile donc de préciser que si vous rencontrer à ce stade un garde de niveau 5, la seule option raisonnable est de fuir au plus vite la zone.

Pour augmenter votre niveau, vous allez devoir acquérir de l'XP. Pour ce faire, vous devez réaliser certaines actions (assassinats aériens, meurtres furtifs etc...) tout en progressant dans les missions principales et secondaires du jeu, qui délivrent elles aussi les précieux points d'XP. Mais ce ne sera pas suffisant pour booster votre potentiel. Il faut faudra alors investir vos deniers pour améliorer vos aptitudes aux corps à corps, votre santé, ou encore votre furtivité au travers de vos vêtements, ayant chacun des propriétés diverses. Enfin, des points d'aptitudes spéciaux vous permettrons de débloquer certains talents spécifiques, comme le double assassinat, la maitrise de vos armes, ou encore renforcer votre santé. Une dimension inédite dans Assassin's Creed, mais particulièrement passionnante, qui réclamera des heures de jeu afin de collecter les fonds nécessaires. Pour accélérer les choses, vous devrez d'ailleurs rénover le café théâtre, votre principale source de revenus, ainsi que remplir certaines missions spéciales, ou encore faire l'acquisition d'autres bâtiments parisiens.


Mais le café théatre, dont vous deviendrez inévitablement propriétaire, ne servira pas juste à vous fournir des deniers (même si ce sera là sans aucun doute la raison la plus fréquente de votre passage). Ce sera également votre résidences principale, le lieu où vous stockerez vos trésors et vos tenues acquis, là aussi où vous pourrez vous entrainer afin de maitriser vos diverses aptitudes, ainsi qu'un accès à la crypte des Assassins, au réseau dégouts sousterrains, ainsi qu'aux Clubs.

Reste donc enfin à aborder le sujet du communautaire dans Assassin's Creed Unity. Un aspect maintes et maintes fois mis en avant par Ubisoft pour nous venter cet épisode Next Gen. Bien qu'il soit tout à fait possible de parcourir le jeu sans jamais faire appel aux fonctionnalités en ligne et multijoueurs, le jeu propose néanmoins plusieurs options facultatives très intéressantes. La première c'est de pouvoir parcourir certaines missions en coop (de 2 à 4 joueurs en ligne). L'occasion de vivre certaines missions spéciales, différentes de celles liées à l'histoire principale. Vous ne serez donc pas bloqués si vous choisissez de ne pas y prendre part, mais ces dernières réservent cependant des bonus exclusifs, sachez-le. Deux autres fonctions sont également incluses dans Assassin's Creed Unity et liées à des applications externes au jeu. Si vous jouez avec la Compagnion App (disponible sur l'App Store et l'Android Market), vous pourrez ainsi débloquer certains coffres et même jouer à des missions uniques. Vous pourrez également jouer (via votre ordinateur par exemple) à Assassin's Creed Initiates, une plateformes en ligne gratuite qui vous permettra de débloquer là aussi divers coffres dorés exclusifs dans Assassin's Creed Unity, renfermant or, objets et tenues spéciales, parmi lesquelles celles des assassins Ezio, Connor et Edward. Toutes ces fonctions étant synchronisées à partir de votre compte Uplay. Reste enfin les Clubs, qui vous permettent de rassembler jusqu'à 50 joueurs sous votre bannière. Des activités de club peuvent alors être programmées et vous permettre là aussi de débloquer des bonus spéciaux.

VERDICT
Au-delà des polémiques faisant rage actuellement et qui sont, globalement, injustifiées, Assassin's Creed Unity se positionne pour ma part comme étant tout simplement le meilleur volet de la série à ce jour. Proposant une période historique riche en contenu et mise en scène de façon grandiose, un niveau technique remarquable, un contenu d'une richesse jamais égalée encore dans la série, des fonctionnalités en ligne innovantes et réellement interactives, la possibilité de participer à des missions en coop, de créer des clubs pour encore plus de diversité, l'introduction d'un personnage réellement évolutif et non figé comme auparavant, une refonte majeure du gameplay, tant pour les déplacements que pour le système de combat, et j'en passe. Tout cela sont autant d'arguments qui m'ont pleinement conquis et fait vibrer mon cœur de fan (et de gamer!). On pourra éventuellement regretter que tout cela ai un prix, celui de ne pas y jouer en 1080p/60fps par exemple (comme c'était pourtant le cas avec Assassin's Creed IV Black Flag), ou encore de constater que certains éléments auraient pû être encore davantage peaufinés (les déplacements, entre autres, ainsi que des temps de chargement un peu long parfois), mais soyons clairs, se priver de vivre cette aventure serait tout simplement criminel. Assassin's Creed Unity est, sans conteste à mes yeux, LE jeu à ne pas manquer en cette fin d'année sur consoles nouvelle génération.
18/20
 

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